
Matthieu Martot à Marcel De Staal pour VI Magazine:
Bonjour Marcel. Nous vous avons vu en complet délire à la fin de ce Giro d'Italia éprouvant. Quel est le sentiment dominant à la sortie de cette semaine de compétition ?
Oufti.. 40 ans d'usine derrière moi sans arrêt de travail mais là j'ai du poser un RTT pour m'en remettre..Mon sentiment ? Le soulagement, fieu ! Quand tu as un Titan Colossal qui s'assoit sur une selle en carbone, tu pries tous les saints de la métallurgie. Mes cadres ont tenu, mais il va me falloir trois semaines pour gratter la boue italienne.
La stratégie d'origine semblait être de viser des étapes principalement sans préoccupation du général. Finalement avec deux victoires et deux coureurs dans les 10, dont le maillot de meilleur jeune, la Vansteel semble avoir été de tout les coups.
Nathanael vous dira qu'il avait tout calculé sur des tableurs. Moi, je leur ai juste dit : "Le denier arrivé au bus nettoie les dérailleurs". Résultat, ils ont pédalé comme des dératés. On venait pour faire les coups de force sur les étapes mythiques, on repart en braquant le classement général. C'est ça l'esprit Vansteel.
Pouvez vous nous faire un commentaire sur la performance du chouchou du public, Sarawut ?
Sur le vélo, il en a bavé, faut être honnête. Mais il a le cuir solide, il n'a jamais mis le clignotant. Et tactiquement, il est utile : quand il rote ses épices thaïes dans le peloton, les leaders adverses ont les yeux qui pleurent. Un gars en or, mais je lui ai interdit de s'approcher de la cuisine du bus.
Finalement, coach de la Vansteel Herstal, est-ce une bonne situation ?
Vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation.... Si je devais résumer ma vie aujourd'hui, je dirais que c'est surtout des crises de nerfs ! Je passe mes nuits à détordre des pédaliers pliés par des Titans et à cacher la bière de Thierry pour qu'il tienne droit au départ. C'est un asile de fous furieux avec des maillots orange. Mais bon, quand je les vois lever les bras sur la ligne et que ça chante à tue-tête dans le bus... nom de diou, je n'échangerais ma clé à molette de 12 pour rien au monde.
Je vous remercie pour votre temps. A bientôt pour une nouvelle interview qui frappe fort!
Allez, à la revoyure ! Et essuyez vos pieds en sortant, je viens de passer un coup de jet d'eau !
Matthieu Martot à Moore Hathaway
pour VI Magazine:
Bonjour Moore. Première saison professionnelle, et déjà auréolée d'un maillot de meilleure jeune sur le Giro d'Italia, version Légende! J'imagine que c'est une grande fierté ?
Bonjour Matthieu. Yesss ! Ce Giro était in-cro-yable ! C'était fun !! Plus encore que le maillot de meilleur jeune, je retiens le top 9 au général ; j'ai mis beaucoup de "vieux" derrière moi aussi !
Expliquez nous la construction de votre succès. Vous ne sembliez pas en bonne position en début de tour, avant de faire une remontée spectaculaire.
Je suis arrivée sur ce Giro sans aucune ambition au classement général.
J'ai véritablement commencé mon premier grand tour sur l'étape 4. Sur LBL, je fais une très belle course et je reprends 45s sur Eriks Novak et quasi 1min30 sur Netom Tesien, qui portait le maillot blanc. A l'arrivée, Marcel vient me féliciter, et me glisse à l'oreille : "tu vas passer co-leader, y a sûrement un coup à jouer pour le classement jeune". Il a été visionnaire.
Par contre, à ce stade, rien est fait, Novak, qui a repris le maillot blanc, se révèle très consistant sur la suite du tour. On n'oubliera pas qu'il avait dominé le classement jeune sur la Tirreno-Adriatico. Sur l'Amstel et Eschborn - Frankfurt, c'est kiff-kiff, et il y a toujours plus d'une minute à aller chercher sur la seconde partie du Giro.
Malgré tout, après une occasion ratée sur le Tour de Lombardie hardcore, je fais la différence sur la dixième étape à Champoluc, où je récupère enfin le maillot. J'ai fait le forcing avec les leaders du général sur la deuxième ascension, et ce n'est jamais revenu derrière.
Je me suis trouvée vraiment pas loin du top 10. Et vous allez apprendre à me connaître, je n'ai pas de limites. Après avoir pris des risques démesurés sur MSR, en queue de peloton, j'ai encore repris des places au général. Alors que mes adversaires directs sont tous cuits, je saisis ma chance et je prends une précieuse poignée de secondes sur la douzième étape à la Spezia pour faire mon entrée dans le top 10.
Il ne restait plus qu'à survivre à l'enfer des Strade Bianche, qui se passe très bien pour l'équipe. Big up à Titan Cuirassé et Wulfstan qui font le chaud à l'avant de la course, pendant que je passe devant Ju Topalouf pour décrocher la neuvième place.
Voilà, ça s'est passé comme ça dans le détail :D
Donnez-nous quelques inside de l'équipe. Comment le groupe a-t-il vécu tout au long de ce tour ?
Plutôt très bien ! Marcel et Coach Gab ont assuré, comme d'habitude ! Ushany a lancé une fanfic sur Moore et Wulfstan. Nos étoiles ont brillé. C'était un Giro mémorable !
Je vous remercie pour votre temps, et encore une fois, félicitations pour ce beau maillot. A bientôt pour une nouvelle interview qui frappe fort!
Thanks! See you soon :)
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